Dans une succession, la première question concrète est simple, qui paie les frais de notaire pour une succession et avec quel argent. La règle de base est claire, les frais sont réglés par la succession elle même, puis répartis entre les héritiers en fonction de leurs droits dans l’actif net, mais la pratique révèle de nombreux cas particuliers, avance de frais par un seul indivisaire, succession déficitaire, renonciation d’un héritier, présence d’un conjoint survivant.
Qui supporte réellement les frais de notaire dans une succession
En droit, les frais de règlement d’une succession, qu’il s’agisse des émoluments du notaire, des formalités ou des droits d’enregistrement, pèsent d’abord sur la masse successorale. Le notaire réclame en principe le paiement de ses honoraires et des taxes sur les fonds du défunt qu’il détient, avant tout partage. Autrement dit, la succession paie d’abord, les héritiers ne supportent les frais qu’indirectement, via la diminution de ce qu’ils reçoivent.
Pour bien comprendre qui paie quoi, il faut distinguer les quatre grands postes de frais.
- Émoluments proportionnels, calculés sur la valeur des biens, par exemple pour l’attestation immobilière ou l’acte de partage.
- Émoluments fixes, pour des actes indispensables comme l’acte de notoriété.
- Débours, sommes avancées par l’office pour les intervenants extérieurs, géomètre, cadastre, greffe, publicité foncière.
- Droits de mutation à titre gratuit, droits de succession et taxe de publicité foncière, perçus pour le compte de l’administration fiscale.
Le notaire ne garde donc pas tout, une part importante correspond à ces droits de mutation et aux débours reversés à des tiers. Les héritiers confondent souvent ces montants avec la rémunération de l’office. Pour une vision détaillée de la composition des frais, une étude complète est proposée sur immobilier notaire.
Concrètement, lorsque des liquidités figurent sur les comptes du défunt, le notaire les centralise, paie les droits de succession et ses propres émoluments, puis répartit ce qui reste entre les héritiers. La compensation des frais de notaire avec l’actif successoral disponible se fait donc automatiquement, sans avance personnelle à fournir, sauf lorsque la succession est pauvre en liquidités ou lorsque certains actes doivent être signés très tôt.
Répartition des émoluments et des droits entre héritiers
Si la succession dispose de suffisamment d’actifs, la répartition des émoluments du notaire entre héritiers suit un principe simple, chacun supporte les frais au prorata de sa part dans l’actif net. Plus un héritier reçoit, plus il assume de frais, y compris pour les droits de mutation à titre gratuit. Ce principe s’applique quel que soit le nombre d’héritiers et la nature des biens, maison, terrain, comptes bancaires, assurances vie partiellement réintégrées à la succession.
Sur le plan fiscal, l’imputation des droits de mutation à titre gratuit sur chaque part successorale est individuelle. Chaque héritier bénéficie de son abattement personnel, puis paie ses propres droits de succession, calculés sur ce qu’il reçoit après déduction de cet abattement et d’éventuelles dettes du défunt. Cependant, dans la pratique, le notaire règle souvent la totalité des droits de succession en une fois à l’administration, en prélevant les sommes sur la succession, puis il ventile l’impact de ces droits sur chaque part dans son projet de liquidation.
| Situation | Conséquence sur les frais |
|---|---|
| Un héritier reçoit 70 pour cent de l’actif | Il supporte 70 pour cent des frais et droits imputables à la succession |
| Un héritier ne reçoit que 10 pour cent | Sa part est grevée de 10 pour cent des frais globaux |
| Présence d’un légataire particulier d’un bien précis | Les frais liés à ce bien peuvent lui être affectés prioritairement |
Lorsque plusieurs héritiers conservent un bien en indivision, par exemple une maison de famille, il n’existe pas de régime dérogatoire, la règle reste celle du prorata. La prise en charge des débours et formalités dans un règlement de succession suit la même logique, ils sont intégrés à la masse des frais et réduisent l’actif net partagé.
- En présence d’un conjoint survivant, les frais liés à la mise en place de son droit d’usage, usufruit ou pleine propriété, sont supportés par l’ensemble de la succession.
- En présence de légataires particuliers, par exemple un bien immobilier légué à une personne déterminée, une partie des frais de transfert de ce bien peut être imputée prioritairement sur ce légataire.
- En présence d’un héritier mineur, ses frais sont aussi pris sur la masse, mais sous contrôle du représentant légal et, parfois, du juge des tutelles pour certains actes.
En pratique, la responsabilité du conjoint survivant pour les frais de règlement de succession se limite donc à sa part dans l’héritage. Il n’a pas à supporter plus que les autres, sauf accord spécial ou prise en charge volontaire de certains frais pour faciliter l’issue de la succession, par exemple afin d’éviter la vente d’un bien immobilier qu’il souhaite conserver.

Les choses se complexifient lorsque l’un des héritiers, ou un indivisaire, accepte d’avancer seul certains frais pour ne pas retarder le règlement, comme l’acte de notoriété ou l’attestation immobilière. La question du remboursement entre cohéritiers devient alors centrale.
Avance de frais par un indivisaire et mécanismes de remboursement
Dans la vie réelle, il est fréquent qu’un héritier plus disponible que les autres se rapproche du notaire, signe les documents et avance les sommes demandées, notamment lorsque la succession manque de liquidités. L’avance des frais de notaire par un indivisaire en succession ne modifie pourtant pas la règle de fond, ces frais restent des charges de la succession, pas des dépenses personnelles définitives.
Les frais avancés concernent principalement trois types d’actes.
- Frais d’acte de notoriété et désignation des payeurs, indispensables pour prouver la qualité d’héritier auprès des banques, de l’assurance, de l’employeur.
- Frais d’attestation immobilière, qui constatent le transfert de propriété des immeubles et permettent la mise à jour des titres.
- Frais de partage en cas de désaccord ou de sortie d’indivision, souvent plus élevés car proportionnels à la valeur du patrimoine immobilier et mobilier à partager.
Lorsque l’un des héritiers règle ces frais sur ses fonds personnels, deux mécanismes se cumulent.
- La compensation des frais de notaire avec l’actif successoral disponible intervient au moment du calcul de la part de chacun, celui qui a avancé les sommes est remboursé sur les fonds de la succession avant tout partage, dans la mesure des liquidités existantes.
- En cas d’insuffisance de liquidités, un recours entre héritiers pour remboursement des frais de notaire avancés reste possible, chaque héritier devant rembourser sa quote part, proportionnelle à ce qu’il reçoit.
Il est essentiel de bien conserver toutes les factures et quittances délivrées par l’étude. Sans justificatif précis, le notaire aura du mal à intégrer correctement ces avances dans son tableau de liquidation. Une gestion rigoureuse évite de transformer une mesure pratique en source de conflit durable entre frères et sœurs.
Conseil d’expert Toute avance importante réalisée par un seul indivisaire devrait être formalisée par écrit, simple courrier ou mail adressé au notaire et aux autres héritiers, décrivant la nature des frais, le montant et l’accord sur le remboursement futur au prorata des droits de chacun.
Moment du paiement et provisions demandées par le notaire
Les études réclament souvent une provision dès les premiers rendez vous, ce qui suscite parfois des interrogations, voire des tensions familiales. Cette provision sert à couvrir les débours immédiats, par exemple les demandes de documents d’urbanisme, les extraits cadastraux, les copies hypothécaires, et à anticiper une partie des droits d’enregistrement. Elle est ensuite régularisée sur le décompte final.
Le moment du paiement dépend largement de la chronologie du dossier, qui suit habituellement les étapes suivantes.
- Ouverture du dossier, recueil des pièces d’état civil, demande d’une provision modérée pour lancer les premières recherches et établir l’acte de notoriété.
- Rédaction et signature de l’acte de notoriété, paiement des émoluments fixes et des formalités associées, souvent prélevés sur la première provision.
- Établissement de l’attestation immobilière, paiement des émoluments proportionnels et de la taxe de publicité foncière, parfois avec une nouvelle provision si la succession comprend plusieurs biens immobiliers.
Au fur et à mesure que l’office encaisse des fonds, vente d’un bien, transfert de comptes bancaires, le notaire pratique une imputation automatique sur les fonds de la succession, en régularisant les provisions déjà versées par les héritiers. Tant que les fonds du défunt suffisent, les héritiers n’ont pas besoin d’ajouter des sommes complémentaires.
L’un des points sensibles concerne les droits de succession eux mêmes. Pour comprendre le poids fiscal global, ainsi que le pourcentage effectivement perçu par le notaire, il peut être utile de s’appuyer sur un simulateur de frais comme celui proposé sur la page calculer vos frais de notaire, qui donne une vision claire de la part fiscale par rapport aux émoluments.
La question diffère lorsque la succession implique la vente d’un bien immobilier pour dégager des liquidités, maison ou appartement. Dans ce cas, les frais de partage en présence de plusieurs héritiers et les droits de mutation afférents à l’acte de vente se combinent avec les frais habituels d’une transaction immobilière. La lecture attentive du compromis de vente et du projet d’acte authentique permet de vérifier précisément la répartition des frais entre acquéreur, indivision venderesse et, le cas échéant, héritier qui rachète la part des autres.

Certains dossiers n’entrent pas dans le cadre classique, succession déficitaire, refus de succession par un ou plusieurs héritiers, indivision qui se prolonge de longues années. Dans ces hypothèses, la question de savoir qui paie les frais de notaire pour une succession prend une dimension encore plus concrète.
Succession déficitaire, héritier renonçant et indivision durable
Dans une succession déficitaire, les dettes excèdent l’actif. Normalement, les frais de règlement, y compris les émoluments de notaire et les débours, sont considérés comme des dettes de la succession. Si les comptes du défunt sont insuffisants, le notaire peut demander une participation aux héritiers qui ont accepté la succession purement et simplement, dans la limite de ce qu’ils doivent. En revanche, la paiement des émoluments de notaire en cas de refus d’héritage ne peut pas être réclamé à un héritier qui a régulièrement renoncé, puisqu’il est censé ne rien recevoir et ne pas reprendre les dettes.
L’héritier renonçant ne participe donc ni aux droits de mutation à titre gratuit, ni aux frais d’actes, ni aux débours. Les autres héritiers supportent seuls les frais, mais sur la base d’un actif souvent diminué, ce qui peut les conduire à envisager l’acceptation à concurrence de l’actif net pour limiter leur risque. Dans ce cas, les frais du notaire sont intégrés au passif pris en charge par la procédure.
- Si tous les héritiers renoncent, la succession est réputée vacante et l’État peut intervenir, les frais étant alors traités selon un régime spécifique.
- Si un seul héritier accepte, il devient l’unique redevable des frais après imputation sur les biens recueillis.
- Si certains acceptent et d’autres renoncent, la répartition se fait entre les seuls héritiers acceptants, au prorata de leurs droits respectifs.
Autre cas source de questionnements, l’indivision durable. Lorsque les héritiers conservent un bien immobilier en commun sur une longue période, des actes peuvent être nécessaires, convention d’indivision, travaux importants, mise en location. Les frais de partage en présence de plusieurs héritiers n’interviennent qu’au moment où l’on met fin à l’indivision. En revanche, les actes passés pour la gestion du bien, baux notariés, conventions, peuvent générer des émoluments et des débours qui seront supportés collectivement, toujours selon le prorata des droits indivis.
Dans la durée, la question de l’avance des frais de notaire par un indivisaire en succession ressurgit souvent, surtout lorsque certains coindivisaires ne souhaitent plus investir dans le bien. Il devient alors utile d’anticiper, soit par un accord écrit prévoyant un remboursement lors du partage futur, soit par la vente du bien à un héritier plus motivé ou à un tiers, avec extinction de l’indivision.
Prévenir les tensions familiales et anticiper les frais de notaire
Une bonne information sur la répartition des émoluments du notaire entre héritiers évite de nombreux malentendus. Les frais de succession sont parfois perçus comme opaques, alors qu’ils répondent à des barèmes réglementés et à des règles de droit très structurées. Pour apaiser les relations familiales, certaines bonnes pratiques peuvent être mises en place dès l’ouverture du dossier.
- Demander au notaire un état prévisionnel des frais, en distinguant clairement émoluments, débours et droits de mutation à titre gratuit.
- Organiser une réunion familiale ou une visioconférence pour expliquer comment la compensation des frais de notaire avec l’actif successoral disponible réduira la part de chacun.
- Clarifier l’impact de la responsabilité du conjoint survivant pour les frais de règlement de succession, pour éviter les reproches ultérieurs.
Il est aussi possible d’anticiper de son vivant, notamment en organisant son patrimoine immobilier, donation partage, assurance vie, choix du régime matrimonial, afin de limiter la charge fiscale globale pour ses héritiers. Des ressources complémentaires sur la maîtrise et la réduction des frais peuvent être consultées sur réduire vos frais de notaire, avec un éclairage particulier sur l’immobilier résidentiel et le foncier.
Conseil d’expert Plus les héritiers sont informés tôt du coût approximatif du règlement de la succession, moins la question des frais nourrit de ressentiments. Exiger des explications chiffrées n’est pas un manque de confiance, c’est un moyen sain de sécuriser la famille et de donner au notaire la possibilité de jouer pleinement son rôle de tiers de confiance.
Au final, la réponse à la question, qui paie les frais de notaire pour une succession, tient en quelques principes, les frais sont d’abord à la charge de la succession, puis imputés sur chaque part successorale au prorata des droits, les avances effectuées par un héritier doivent être remboursées par les cohéritiers, la renonciation à la succession protège contre la prise en charge des frais, à condition d’être régulière. Entre ces repères, chaque situation demande un ajustement précis, qu’il s’agisse d’une maison de famille, d’un portefeuille locatif ou d’un terrain à bâtir. Un échange approfondi avec le notaire, complété par la lecture de ressources pédagogiques comme le guide sur le déroulement d’une succession chez le notaire, permet de traverser cette étape délicate avec davantage de sérénité.