Avant de signer un compromis, une succession ou une vente, beaucoup d’acheteurs se demandent comment savoir si un notaire a des plaintes. La réponse tient en trois axes, à combiner systématiquement : vérifier la discipline officielle de la profession, analyser la réputation du notaire, contrôler très concrètement la façon dont il gère votre dossier.
Comprendre ce qu’est une « plainte » contre un notaire
Pour bien évaluer la situation d’un office, il faut distinguer plusieurs niveaux de difficultés. Tout ne se vaut pas. Une simple réclamation sur un retard de rendez vous n’a pas la même portée qu’une sanction disciplinaire liée à un détournement de fonds. Comprendre ce langage permet de ne pas surréagir, mais aussi de ne pas minimiser un problème grave.
En pratique, une plainte peut être :
- Une réclamation informelle d’un client, sans suite disciplinaire, souvent réglée à l’amiable.
- Une plainte adressée à la chambre des notaires, pouvant conduire à un rappel à l’ordre ou à une médiation.
- Une procédure disciplinaire officielle, avec enquête, qui peut se terminer par un avertissement, une suspension ou une destitution.
La profession notariale est très encadrée. Chaque notaire exerce sous la responsabilité d’une chambre départementale, elle même surveillée par le Conseil régional et le Conseil supérieur du notariat. À cela s’ajoutent le contrôle du parquet, les contrôles comptables, la surveillance des fonds détenus pour le compte des clients, qu’il s’agisse d’une vente immobilière ou d’une succession.
Les conséquences possibles en cas de faute grave sont loin d’être symboliques. On peut citer :
- Des sanctions disciplinaires pouvant aller jusqu’à la radiation ou la destitution.
- La mise en jeu de l’assurance responsabilité civile professionnelle du notaire.
- Une éventuelle procédure pénale en cas d’infractions caractérisées.
Il faut garder en tête que la grande majorité des offices exercent sans incident majeur. Toutefois, lorsqu’un notaire a cumulé les plaintes de clients, les traces finissent presque toujours par apparaître, soit dans le circuit disciplinaire, soit dans la réputation locale et en ligne. L’enjeu est de savoir où regarder, et comment interpréter ce que vous trouvez.
Si vous en êtes au début de votre projet immobilier, une première approche globale de la relation au notaire, des frais et du déroulé des opérations peut être utile. Le portail Immobilier Notaire propose un socle d’informations fiables pour replacer cette question des plaintes dans une vision d’ensemble de la pratique notariale.
Les premiers réflexes pour savoir si un notaire a des plaintes
La recherche d’éventuelles plaintes se mène en plusieurs temps, du plus simple au plus formel. Cela commence par ce que vous pouvez observer vous même, puis par les informations accessibles publiquement, avant de passer, si nécessaire, par les instances professionnelles.
Le premier filtre reste votre expérience directe. Lorsque vous contactez un office, soyez attentif à des points très concrets :
- La clarté des explications données sur les délais, les frais, les documents à rassembler.
- La réactivité de l’équipe aux courriels et appels, notamment quand des sommes importantes sont en jeu.
- La transparence sur le calendrier de signature et les conditions financières, par exemple lors d’un compromis de vente ou d’une succession.
Un office très désorganisé, qui accumule retards, oublis de documents, approximations sur les frais de notaire, peut ne pas être sanctionné disciplinairement mais soulever un risque d’erreurs et de tensions. Cette impression reste un premier indicateur utile, surtout si elle recoupe d’autres signaux.
Vous pouvez ensuite exploiter les informations publiques de base :
- Recherches par nom de notaire ou par office sur les moteurs de recherche, en ajoutant les termes « litige », « plainte », « sanction ».
- Consultation des décisions de justice éventuellement disponibles, lorsqu’un litige a donné lieu à un jugement publié.
- Lecture attentive des rares articles de presse locale faisant état de sanctions envers un office précis.
Il faut rester prudent avec ces sources. L’absence de résultat ne signifie pas qu’il n’y a aucune plainte, simplement qu’aucune affaire n’a pris une ampleur publique. À l’inverse, un ancien contentieux très médiatisé ne reflète pas nécessairement la pratique actuelle de l’office, surtout si la structure a été reprise.
Dans ce premier temps, l’objectif est surtout de détecter d’éventuels signaux forts : procédures pénales, sanctions déjà prononcées, affaires médiatisées. Si vous en trouvez plusieurs concernant le même notaire et récentes, mieux vaut examiner d’autres options, d’autant qu’il existe souvent plusieurs offices dans un même secteur géographique.

Pour aller plus loin et vraiment savoir comment savoir si un notaire a des plaintes, il faut se tourner vers les circuits institutionnels. C’est là que sont traitées la plupart des réclamations, y compris celles qui ne donnent jamais lieu à publicité. Le cheminement est balisé, même si tout n’est pas accessible en ligne.
Solliciter les instances notariales compétentes
Chaque notaire est rattaché à une chambre départementale ou interdépartementale des notaires. C’est l’interlocuteur naturel pour toute question de discipline ou de plainte. Même si vous n’obtiendrez pas un « casier disciplinaire » détaillé, vous pouvez, en pratique, recueillir des informations utiles et surtout faire valoir votre propre réclamation si nécessaire.
La démarche suit généralement ce schéma :
- Repérer la chambre compétente via le site du Conseil supérieur du notariat ou le moteur de recherche « annuaire notaires ».
- Adresser un courrier détaillant les faits reprochés, avec dates, montants, noms des intervenants, copies de pièces.
- Demander expressément s’il est possible de vérifier si une procédure disciplinaire est en cours ou si votre situation nécessite une intervention de la chambre.
Sur le plan juridique, la chambre n’a pas vocation à délivrer à un particulier la liste des plaintes visant un office. En revanche, elle peut :
- Intervenir de manière informelle auprès du notaire pour tenter de résoudre un litige.
- Ouvrir ou poursuivre une enquête disciplinaire lorsque les faits paraissent sérieux.
- Vous orienter vers le bon canal (médiation, action civile, plainte pénale) si la situation l’exige.
Dans certains cas, le parquet près le tribunal judiciaire est également informé ou saisi, en particulier lorsque des sommes importantes semblent bloquées de manière anormale, par exemple des fonds de vente qui ne sont pas reversés ou des avoirs de succession qui ne sont pas distribués malgré les relances. Là encore, sans obtenir de diagnostic officiel sur le passé disciplinaire du notaire, vous aurez une indication claire de la façon dont votre propre dossier est pris en considération.
Il est possible d’agir même sans être encore client, par exemple si vous hésitez à travailler avec un office dont vous avez entendu parler. Votre demande devra alors rester mesurée et factuelle. L’instance professionnelle ne pourra pas vous « conseiller » un autre notaire, mais votre échange permettra souvent de sentir si l’office pose question ou non.
Apprécier la réputation professionnelle et les retours clients
En complément des circuits officiels, la réputation réelle d’un office sur le terrain reste un indicateur précieux. La clé consiste à distinguer les avis isolés de mécontentement, inévitables dans toute activité de service, et les signaux récurrents sur des problématiques graves.
La consultation des avis en ligne mérite une lecture attentive :
- Regarder la cohérence des commentaires sur plusieurs années, et pas seulement la note globale.
- Identifier les thèmes qui reviennent : lenteur, manque d’explications, erreurs dans les actes, problèmes sur les fonds.
- Repérer si l’office répond aux avis, corrige, explique ou laisse les critiques sans réaction.
Il est normal de trouver quelques avis négatifs, surtout pour des offices qui traitent un volume important de transactions : ventes de maisons, acquisitions d’appartements, partages successoraux. Il faut surveiller plutôt :
- Les mentions répétées de « sommes non reversées », « argent bloqué », « absence totale de réponse depuis des mois ».
- Les critiques portant sur des erreurs graves dans les actes, qui ont nécessité un contentieux lourd.
- Les témoignages concordants sur un même type d’incident, avec dates et faits précis.
Les retours de professionnels de l’immobilier sont également utiles. Agents, gestionnaires de patrimoine, courtiers rencontrent quotidiennement les notaires de leur secteur. Ils savent repérer les offices qui gèrent correctement les dossiers, respectent les délais, sécurisent les flux financiers. Ils connaissent aussi souvent les quelques études qui posent régulièrement problème, sans pourtant être formellement sanctionnées.
Dans vos échanges, interrogez par exemple votre agent immobilier ou votre courtier : « Avez vous déjà eu des difficultés sérieuses avec cet office ? » ou « Comment se passent en général les ventes avec ce notaire ? ». Leurs réponses, même prudentes, vous donneront souvent un éclairage précieux.
Enfin, soyez attentif aux questions financières. Un notaire sérieux explique clairement la composition des frais de notaire, leur montant prévisionnel, leur ajustement au moment de la signature. Si vous sentez des approximations persistantes, des réponses évasives sur le calcul ou sur la restitution de provisions, vous pouvez approfondir le sujet avec des outils en ligne comme la page dédiée au calcul sur Immobilier Notaire, puis confronter les résultats avec les explications de l’office.

Lorsque l’on cherche concrètement comment savoir si un notaire a des plaintes, c’est généralement que l’on redoute un incident sur un dossier en cours ou à venir. La vérification de la situation disciplinaire doit alors être complétée par un contrôle précis de la façon dont le notaire gère vos intérêts, notamment sur le plan financier et sur les délais.
Surveiller la gestion des fonds et les délais de votre dossier
Le cœur de la confiance repose sur la gestion des sommes que vous remettez à l’office : prix de vente, dépôt de garantie, provisions sur frais. L’encadrement est très strict, mais il reste utile de vérifier que votre notaire applique les bonnes pratiques, surtout si vous avez entendu parler de plaintes à son sujet.
Quelques points de vigilance concrets :
- Les fonds doivent transiter sur le compte de l’office, identifié clairement sur les appels de fonds et les relevés.
- Chaque somme versée doit être justifiée par un document, un courrier ou un courriel précis, rappelant la nature des fonds et leur affectation.
- Le solde de tout compte doit être établi à la fin de l’opération, avec restitution des provisions éventuelles.
Dans le cadre d’une vente immobilière, lorsque vous vous interrogez aussi sur le niveau des frais de notaire, il peut être utile de comparer le montant annoncé avec une estimation indépendante, puis de poser des questions ciblées. Des outils d’estimation comme les simulateurs disponibles sur Immobilier Notaire permettent de vérifier rapidement si l’ordre de grandeur est cohérent avec le type de bien et le prix de vente.
Sur une succession, le point sensible est la durée pendant laquelle l’office conserve les fonds. Le notaire doit être en mesure d’expliquer clairement ce qui justifie les délais : recherches d’héritiers, opérations de liquidation, contraintes fiscales. Si des sommes restent immobilisées sans explication, vous pouvez vous référer aux repères généraux de durée de traitement détaillés dans les guides comme la page sur le déroulement d’une succession chez le notaire, puis revenir vers l’office avec des questions précises.
Lorsque ces explications manquent, ou qu’elles changent d’un échange à l’autre, le doute est légitime. Les plaintes les plus sérieuses naissent souvent de ces situations : manque d’information, retards répétés, absence de visibilité sur la circulation des fonds et sur les prochaines étapes de la procédure.
Réagir en cas de doute sérieux ou de suspicion de faute
Si, après ces vérifications, vous estimez qu’il existe un problème réel, la manière de réagir conditionne la suite. L’objectif est de protéger vos intérêts, tout en documentant précisément ce qui se passe. C’est souvent cette documentation qui permettra ensuite à une chambre de notaires ou à un tribunal d’évaluer la situation.
Pour structurer votre démarche, vous pouvez avancer par paliers :
- Mettre par écrit vos questions et demandes d’explications, par courrier recommandé ou courriel formel, en listant dates, montants, étapes manquantes.
- Demander un rendez vous, en présence du notaire lui même, pour obtenir une chronologie claire des opérations.
- En l’absence de réponse satisfaisante, saisir la chambre des notaires compétente avec un dossier complet.
Dans certains cas, le changement de notaire est envisageable, notamment sur une vente non encore signée ou sur certains actes de succession. Ce choix doit se faire de manière mesurée, en gardant à l’esprit les contraintes pratiques : transfert du dossier, reprise des pièces, respect des délais légaux. Plus votre demande de changement est argumentée et factuelle, plus elle sera entendue.
Il arrive aussi que l’on découvre a posteriori que d’autres clients ont rencontré des difficultés comparables : retards injustifiés, erreurs dans les actes, gestion discutable de frais. Lorsque plusieurs dossiers présentent les mêmes anomalies, les instances disciplinaires prennent généralement la mesure du problème. Votre plainte individuelle contribue alors à renforcer la protection de l’ensemble des justiciables du ressort.
Pour terminer, il est utile de replacer cette vérification dans un cadre plus large. Choisir un notaire ne se résume pas à éviter un office ayant des plaintes : il s’agit surtout de trouver un professionnel capable de vous accompagner avec pédagogie, de sécuriser juridiquement l’opération et de vous expliquer clairement les enjeux financiers, en particulier les frais, droits et taxes liés à votre projet immobilier.
En croisant les démarches décrites : recherches publiques, échanges avec les professionnels, sollicitation des chambres notariales, contrôle de la gestion de votre propre dossier, vous disposez d’une méthode complète pour apprécier la fiabilité d’un office et détecter la présence éventuelle de plaintes sérieuses. C’est cette approche globale, rigoureuse et documentée, qui vous permettra d’avancer dans votre projet immobilier ou votre succession avec un niveau de sécurité juridique et financière à la hauteur des enjeux.